LA MONNAIE LOCALE

LA MONNAIE LOCALE (Conférence du dimanche 13 Mars 2016 à Poigny la Forêt)

Historique : la première monnaie locale aurait été émise en Autriche en 1932. Une idée du Maire pour relever l’économie locale d’une commune en faillite et cela a très bien fonctionné.

En France depuis 2010, 30 monnaies locales ont vu le jour et 70 sont en cours de préparation. Exemples : à Lyon la Gonette et à Rennes le Galleco, l’Eusko au Pays Basque. A noter qu’à Rennes cette monnaie a été mise en place à l’initiative du Conseil Général d’Ile et Vilaine lui-même aidé par de très nombreux bénévoles qui informent sur l’intérêt de cette monnaie.

Ces initiatives correspondent au changement de société qui est en train de s’opérer. Il s’agit de projets locaux et sociaux qui permettent de rétablir l’identité et donc le lien entre les différents acteurs économiques (producteurs/vendeurs) et les consommateurs, le lien humain, social et économique.

Principe : on change nos euros contre des coupures de monnaie locale (billets uniquement) à la banque. Un fond de garantie existe, la banque doit pouvoir nous rendre la totalité de nos euros à tout moment. Lorsque la monnaie locale est rendue pour récupérer l’euro, 5% sont prélevés pour financer certaines associations.

Cet argent est destiné à être dépensé uniquement, on ne peut pas le faire fructifier. Et il ne peut être dépensé que dans un certain secteur géographique déterminé d’avance mais évolutif. L’idée étant de se conformer aux normes du développement durable, cette monnaie est dédiée aux producteurs et petits commerces locaux, circuits courts donc écologiques. Les billets sont sécurisés par un scellé.

Patrick Viveret, philosophe, altermondialiste a écrit sur le thème des richesses : reconsidérer la richesse en y intégrant des paramètres de respect de l’environnement, savoir avec qui, quoi et comment on échange : c’est l’écolonomie.

Les producteurs/vendeurs adhèrent à une charte de fonctionnement, un engagement de qualité etc. Le producteur est donc sélectionné par l’organisme chargé de la mise en place de la monnaie locale, le distributeur aussi. Un supermarché ne peut en aucun correspondre aux critères. Ce système renforce donc parfaitement l’économie locale, le lien entre les habitants, l’idée de qualité, de proximité, d’échange. Il sensibilise les clients à l’environnement et l’emploi local. Le consommateur se vit beaucoup plus comme consom’acteur. On recentre ainsi les achats vers les petits commerces au détriment des grandes surfaces.

Impossible de faire des transactions anonymes, de blanchir de l’argent, de réaliser de l’évasion fiscale. Donc très différent du Bit Coin, monnaie numérique uniquement, spéculative puisque son cours varie en fonction de l’offre et de la demande. Le cours de la monnaie locale est celui de l’euro.

Dans certaines régions françaises ce sont des commerces locaux qui font l’échange contre l’euro : un pépiniériste par exemple. Il n’a pas de double comptabilité à faire.

Pour que le système fonctionne bien, il faut que tout le monde « joue le jeu ». Ceux qui reçoivent beaucoup d’argent local doivent le dépenser localement. Par exemple, un boulanger va préférer acheter sa farine chez un producteur local et prendre également un expert comptable local. L’argent tourne vite.

Actuellement, le Maire de Bristol en GB se paie partiellement en monnaie locale, certaines mutuelles françaises acceptent le paiement des cotisations en monnaie locale et remboursent en euros…

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